jeudi, 06 mars 2008

2008: Fin de la guerre ou fin de la paix

Invérifiable dans une guerre qui se déroule sans témoins, le bilan du conflit qui oppose l'armée sri-lankaise aux séparatistes tamouls des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ne cesse de s'alourdir. Près de cent personnes (90 militants du LTTE et 9 soldats, selon l'armée) ont été tuées en quatre jours, au cours des combats quotidiens dans le nord de l'île. Tamilnet.com, site Internet qui relaie les revendications des Tigres, affirme, en revanche, que l'armée a subi de lourdes pertes ce week-end après des heures de combats d'artillerie.

 

 

 

 

 

Depuis le début de l'année, selon l'armée, 1 823 Tigres tamouls et 105 membres des forces de sécurité ont été tués. Il faut ajouter à ce bilan un grand nombre de blessés des deux côtés, les victimes civiles, qui se comptent par dizaines, et les milliers de déplacés, qui errent au gré des combats.

 

 

 

Après avoir expulsé le LTTE de la partie orientale de l'île grâce à la défection d'un de ses anciens responsables, l'armée s'est lancée dans la reconquête du nord, à majorité tamoule, dont une partie est sous le contrôle des séparatistes. Commandant en chef de l'armée, le général Sarath Fonseka s'est juré de terminer au cours de "cette année" cette guerre qui dure depuis 1983 et qui a déjà fait plus de 65 000 morts.

 

 

 

Quatre mois d'opérations quotidiennes, qui engagent à la fois les troupes au sol, l'aviation et la marine, n'ont toutefois pas apporté de succès significatifs, l'armée n'ayant réussi qu'à repousser de quelques kilomètres les lignes de front dans le district occidental de Mannar.

 

 

 

Acculé sur ses positions, le LTTE se bat et, parallèlement, utilise les opérations suicides dans le reste de l'île pour effrayer la majorité cinghalaise et obliger les forces de sécurité à se tenir en alerte partout.

 

 

 

Le coût financier de la guerre ne cesse aussi d'augmenter, et le gouvernement du président Mahinda Rajapakse va dépenser cette année environ 1,5 milliard de dollars pour la défense. Privé des largesses de la communauté internationale qui auraient dû accompagner le processus de paix, aujourd'hui enterré, le gouvernement est confronté à une situation économique de plus en plus difficile. L'inflation a atteint 21,7 % en 2007, pesant lourdement sur le quotidien des 20 millions de Sri-Lankais. La poursuite de la guerre demeure toutefois, pour l'instant, la seule stratégie du gouvernement.

 

Le Monde, du 06.03.08.

mercredi, 16 janvier 2008

folie meutrière

Sri Lanka : un attentat marque la fin officielle de la trêve entre le gouvernement et les LTTE

 

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 16.01.08 | 09h36   Mis à jour le 16.01.08 | 09h44 

 

 

Au moins 23 civils ont été tués et 67 autres blessés, dans l'explosion d'une bombe au Sri Lanka, mercredi 16 janvier. Le véhicule visé "était un bus public transportant au moins 60 civils parmi lesquels des écoliers", a indiqué le porte-parole de l'armée sri-lankaise, Udaya Nanayakkara. L'autocar circulait entre Buttala et Okkampitiya, dans le sud de l'île, lorsqu'une bombe à fragmentation dissimulée dans le véhicule ou déposée au bord de la route a sauté, selon le ministère de la défense. 

 

 

 

 ÉCHEC DE LA MÉDIATION JAPONAISE POUR SAUVER LE CESSEZ-LE-FEU

 

Les autorités accusent les "terroristes" des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) d'être à l'origine de cette action. Cet attentat coïncide avec la fin officielle de la trêve entre le gouvernement et les LTTE conclue en février 2002 sous l'égide de la Norvège.

 

 

 

Un émissaire japonais a échoué, lors de sa visite au Sri Lanka achevée mardi, à sauver la paix et le cessez-le-feu. Yasushi Akashi, dont le pays est le premier bailleur de fonds au Sri Lanka, avait laissé entendre à son arrivée dimanche que l'aide internationale pourrait se tarir si les violences continuaient. "Le programme d'assistance japonais se fonde sur des facteurs complexes tels que les besoins politiques, économiques et humanitaires. Nous examinerons la situation de près avant de prendre des mesures supplémentaires", a déclaré à la presse l'ancien diplomate des Nations unies.

 

 

vendredi, 11 janvier 2008

Assinat d'un ministre

Le Sri Lanka sur le qui-vive après l'assassinat d'un ministre

Article paru dans l'édition du 10.01.08

 Le gouvernement accuse les séparatistes tamouls d'avoir perpétré l'attentat qui a tué D. M. Dassanayake. Après la rupture du cessez-le-feu par les autorités, la violence reprend 

 

 La mort, mardi 8 janvier, dans un attentat à la bombe, du député et ministre de la construction, D. M. Dassanayake, a accru les craintes d'une violence généralisée au Sri Lanka, alors que le gouvernement s'est officiellement retiré de l'accord de cessez-le-feu avec les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) signé en 2002 sous l'égide de la Norvège.

M. Dassanayake est le deuxième parlementaire à être tué depuis le début de l'année, après l'assassinat dans un temple de Colombo du député tamoul du Parti national uni (UNP, opposition), T. Maheswaran. Dans les deux cas, les autorités ont rejeté la responsabilité sur le LTTE. Mardi, le président sri-lankais, Mahinda Rajapakse, a laissé entendre que le gouvernement pourrait riposter. « Ce triste événement nous rappelle une nouvelle fois la nécessité de redoubler nos efforts pour débarrasser le pays du terrorisme et de l'usage de la violence à des fins politiques », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il a estimé que le ministre avait été visé parce qu'il avait la charge de coordonner les efforts de reconstruction dans l'est du pays, dont les Tigres ont été chassés après une offensive de l'armée en juillet 2007.

Le retrait officiel du gouvernement d'un accord de cessez-le-feu qui n'existait plus que sur le papier - 6 000 personnes ont été tuées dans des incidents liés au conflit depuis la fin 2005 - va entraîner le départ de la mission scandinave d'observation du cessez-le-feu, éliminant ainsi les derniers témoins d'une guerre qui frappe sévèrement les civils. « Le démantèlement de la mission risque d'accroître la violence, avec un plus grand niveau d'impunité, ce qui aura des conséquences catastrophiques sur la population des zones de conflit, que le gouvernement comme le LTTE ont réussi à maintenir hors limites », affirme Jehan Perera, du Conseil national pour la paix, une organisation indépendante sri-lankaise.

 

ARRESTATIONS EN MASSE Selon plusieurs sources, les bombardements aériens sur des bases du LTTE n'épargnent pas les civils, qui sont aussi victimes des attentats à la bombe perpétrés par les Tigres. Les combats, qui ont redoublé dans le nord de l'île, en partie contrôlé par les rebelles, ont fait, selon le gouvernement, 95 morts du côté des Tigres et 6 dans l'armée, depuis le début de l'année. Ils ont provoqué le déplacement de 5 000 personnes. Dans l'est du pays, 20 000 déplacés par les affrontements de l'été vivent toujours dans des camps de fortune. A Colombo, la communauté tamoule vit dans la crainte, alors que de vastes rafles sont entreprises par les forces de sécurité. Dans une opération de recherche lancée dimanche, celles-ci ont contrôlé 280 000 véhicules, interrogé 75 000 personnes et en ont arrêté 198, a indiqué la police. Le fait d'être tamoul suffit à rendre suspect, et beaucoup de jeunes craignent d'être injustement interpellés. Malgré les déclarations du gouvernement affirmant qu'il est toujours prêt à négocier avec le LTTE, il est clair que seule la guerre est à l'ordre du jour. Divisé, sans réelle majorité, le gouvernement est incapable aujourd'hui de dégager un consensus pour une solution politique à un conflit qui ne peut se résoudre militairement.

Le LTTE, qui se bat pour l'obtention d'une patrie indépendante pour la minorité tamoule de l'île, ne montre aucun signe de compromis lui non plus. De son côté, la communauté internationale, qui avait soutenu politiquement et financièrement les négociations de paix, semble se lasser de l'incapacité des protagonistes à trouver un terrain d'entente.

jeudi, 03 janvier 2008

Fin d'un espoir

Le gouvernement sri-lankais se retire du cessez-le-feu conclu avec les séparatistes tamouls

 

LEMONDE.FR : Article publié le 02.01.08

 

Le cessez-le-feu avait été conclu avec les rebelles séparatistes tamouls en février 2002, sous l'égide de la Norvège. 

 

 

 

 

 

 Le Sri Lanka a annoncé mercredi 2 janvier qu'il se retirait formellement du cessez-le-feu conclu en février 2002 avec les rebelles séparatistes tamouls."Le conseil des ministres a décidé aujourd'hui de se retirer du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la présidence, Chandrapala Liyanage, ajoutant que "le processus légal" allait être engagé.

 

 

 

Conformément au cessez-le-feu de février 2002, signé sous l'égide de la Norvège, aussi bien les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) que le gouvernement ont la possibilité de se retirer de l'accord après avoir donné un préavis de deux semaines à Oslo. Le cessez-le-feu a dans les faits volé en éclats depuis l'arrivée au pouvoir fin 2005 du président Mahinda Rajapakse, un nationaliste partisan de la méthode forte contre ceux qu'il qualifie de "terroristes".

 

 

 

Quatre personnes ont été tuées mercredi à Colombo dans un attentat attribué par l'armée à la rébellion des Tigres, qui a eu lieu près des quartiers généraux des armées de terre et de l'air. Depuis le début de 2006, plus de 5 000 personnes ont péri dans les combats, portant le bilan total de la guerre civile déclenchée en 1983 à environ 70 000 morts. 

lundi, 12 novembre 2007

continuum, contiguum

Hola chers boulégueurs !

Voilà quelques nouvelles post développement de notre projet de reconstruction.

Comme vous le savez sûrement, Béné est resté au Sri Lanka jusqu'à présent et reviendra en France à la fin de son contrat de prof à l’alliance Française.

Ainsi, elle à pu se rendre en visite surprise sur l’île d’Ovilana afin de s’assurer que tout se passait bien pour les familles que nous avons reloger ainsi que l’état des bâtiments.. Selon ses propres mots, « Les maisons sont très bien entretenues et les habitants heureux. Les deux balançoires font également le bonheur des enfants... et des plus grands! » Je vous invite àà aller voir le nouvel album photo sur ce site, et à la féliciter par mail a benedicte.chabirand@gmail.com . . .

Voilà pour le continuum.

Et pour ce qui est du contiguum, rassurez vous je fourmille d’idée pour continuer à aider ces gens et ce pays qui m’a si violemment marqué, et  espère bien me donner le temps de les mettre en route un jour : énergie solaire, traitement de l’eau, eco tourisme, formation, il y a de quoi faire avec cette petite ile avec du temps et de la volonté !

Pour vous donnez quelques nouvelles de chacun, :

Raphael est en ce moment en amerique latine ou il poursuit un tour du monde commencé en mai dernier, Samuel est au Darfour avec « Save The Children » et l’on sais tous comment les conditions de travail avec les enfants se sont dégradées ces dernières semaines..

Et moi je suis en Espagne ou je terminerai en juin une mission de 18mois en support client chez EADS.

Un abrazo y muchas "istuti",

Damien HALLE *********************************************************

 

Quelques info sur le sri lanka dans LeMonde du 4 novembre 2007:

 

 

 

Sri Lanka : l'armée tue le chef politique des Tigres tamouls

 

 

 

La mort de Thamilselvan, lors d'un raid aérien dans le nord de l'île, conforte les partisans d'une guerre totale contre les séparatistes du LTTE au sein du gouvernement de Colombo 

 

 

 

 

 

 a mort, vendredi 2 novembre, dans un raid aérien de l'armée sri-lankaise près de Kilinochchi (nord), du responsable de l'aile politique des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), S. P. Thamilselvan, 40 ans, est un nouveau coup dur porté aux séparatistes tamouls à un moment où le gouvernement de Colombo tente sans l'avouer d'imposer une solution militaire à un conflit qui dure depuis 1983. Cette « victoire » de l'armée de l'air intervient dix jours après le succès du raid opéré par le LTTE sur la base aérienne d'Anuradhapura, dans lequel dix soldats avaient péri et plusieurs avions avaient été détruits.

 

 

 

Entré chez les Tigres dès 1984, S. P. Thamilselvan, qui avait déjà été blessé en 1993 dans l'assaut d'un camp militaire, est le plus haut responsable du LTTE à avoir été tué par l'armée depuis le début du conflit. Cette attaque « est un message que nous savons où sont leurs leaders. Cela confirme l'exactitude de nos renseignements », a affirmé Gotabhaya Rajapaksa, frère du président sri-lankais et numéro deux du ministère de la défense, connu pour sa détermination à vaincre militairement le LTTE. Thamilselvan a été remplacé par P. Nadesan, chef de la police des territoires contrôlés par le LTTE dans le nord de l'île.

 

 

 

SUCCÈS GOUVERNEMENTAUX

 

 

 

Cette attaque confirme une fois de plus, et malgré les déclarations récurrentes du gouvernement en faveur de négociations, la fin du processus de paix engagé depuis la signature d'un cessez-le-feu en février 2002. Depuis l'élection à la présidence du pays, en novembre 2005, de Mahindra Rajapaksa, le conflit entre l'armée et les séparatistes tamouls, qui combattent pour obtenir une patrie pour la minorité tamoule dans le nord et l'est de l'île, n'a cessé de s'amplifier, faisant plus de 5 000 morts.

 

 

 

Le gouvernement a enregistré plusieurs succès, en particulier dans l'est de l'île où grâce à la défection d'un chef du LTTE - le colonel Karuna, aujourd'hui détenu à Londres -, il a réussi à mettre fin à toute présence des Tigres dans cette région multiethnique que revendiquait le LTTE. La marine sri-lankaise a aussi gravement perturbé les mouvements des « Tigres de mer », essentiels à l'approvisionnement du LTTE.

 

 

 

Ces victoires poussent les va-t-en- guerre, nombreux au sein de l'administration, à plaider pour une guerre totale dans un conflit qui a déjà fait 60 000 morts. Mais outre que la victoire est loin d'être acquise, tous les analystes s'accordent sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un plan de partage du pouvoir de nature à convaincre la minorité tamoule de sa place pleine et entière aux côtés de la majorité cinghalaise.

 

 

 

En attendant, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour critiquer les graves violations des droits de l'homme. Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour a dénoncé, en octobre, comme « alarmante » la « prévalence de l'impunité » dans le conflit et appelé à la présence au Sri Lanka d'une équipe onusienne, ce qu'a refusé le gouvernement.

 

 

 

Selon un rapport de l'organisation Human Rights Watch, plus de 1 100 enlèvements ou « disparitions » ont été déclarés entre janvier 2006 et juin 2007, beaucoup attribués au gouvernement ou à ses alliés.