vendredi, 11 janvier 2008
Assinat d'un ministre
Article paru dans l'édition du 10.01.08
Le gouvernement accuse les séparatistes tamouls d'avoir perpétré l'attentat qui a tué D. M. Dassanayake. Après la rupture du cessez-le-feu par les autorités, la violence reprendLa mort, mardi 8 janvier, dans un attentat à la bombe, du député et ministre de la construction, D. M. Dassanayake, a accru les craintes d'une violence généralisée au Sri Lanka, alors que le gouvernement s'est officiellement retiré de l'accord de cessez-le-feu avec les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) signé en 2002 sous l'égide de la Norvège.
M. Dassanayake est le deuxième parlementaire à être tué depuis le début de l'année, après l'assassinat dans un temple de Colombo du député tamoul du Parti national uni (UNP, opposition), T. Maheswaran. Dans les deux cas, les autorités ont rejeté la responsabilité sur le LTTE. Mardi, le président sri-lankais, Mahinda Rajapakse, a laissé entendre que le gouvernement pourrait riposter. « Ce triste événement nous rappelle une nouvelle fois la nécessité de redoubler nos efforts pour débarrasser le pays du terrorisme et de l'usage de la violence à des fins politiques », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il a estimé que le ministre avait été visé parce qu'il avait la charge de coordonner les efforts de reconstruction dans l'est du pays, dont les Tigres ont été chassés après une offensive de l'armée en juillet 2007.
Le retrait officiel du gouvernement d'un accord de cessez-le-feu qui n'existait plus que sur le papier - 6 000 personnes ont été tuées dans des incidents liés au conflit depuis la fin 2005 - va entraîner le départ de la mission scandinave d'observation du cessez-le-feu, éliminant ainsi les derniers témoins d'une guerre qui frappe sévèrement les civils. « Le démantèlement de la mission risque d'accroître la violence, avec un plus grand niveau d'impunité, ce qui aura des conséquences catastrophiques sur la population des zones de conflit, que le gouvernement comme le LTTE ont réussi à maintenir hors limites », affirme Jehan Perera, du Conseil national pour la paix, une organisation indépendante sri-lankaise.
ARRESTATIONS EN MASSE Selon plusieurs sources, les bombardements aériens sur des bases du LTTE n'épargnent pas les civils, qui sont aussi victimes des attentats à la bombe perpétrés par les Tigres. Les combats, qui ont redoublé dans le nord de l'île, en partie contrôlé par les rebelles, ont fait, selon le gouvernement, 95 morts du côté des Tigres et 6 dans l'armée, depuis le début de l'année. Ils ont provoqué le déplacement de 5 000 personnes. Dans l'est du pays, 20 000 déplacés par les affrontements de l'été vivent toujours dans des camps de fortune. A Colombo, la communauté tamoule vit dans la crainte, alors que de vastes rafles sont entreprises par les forces de sécurité. Dans une opération de recherche lancée dimanche, celles-ci ont contrôlé 280 000 véhicules, interrogé 75 000 personnes et en ont arrêté 198, a indiqué la police. Le fait d'être tamoul suffit à rendre suspect, et beaucoup de jeunes craignent d'être injustement interpellés. Malgré les déclarations du gouvernement affirmant qu'il est toujours prêt à négocier avec le LTTE, il est clair que seule la guerre est à l'ordre du jour. Divisé, sans réelle majorité, le gouvernement est incapable aujourd'hui de dégager un consensus pour une solution politique à un conflit qui ne peut se résoudre militairement.
Le LTTE, qui se bat pour l'obtention d'une patrie indépendante pour la minorité tamoule de l'île, ne montre aucun signe de compromis lui non plus. De son côté, la communauté internationale, qui avait soutenu politiquement et financièrement les négociations de paix, semble se lasser de l'incapacité des protagonistes à trouver un terrain d'entente.
10:20 Publié dans Situation Sri Lanka | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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