jeudi, 03 février 2005

Naissance du projet: entretien I

Compte rendu d'entretiens effectués dans le cadre du projet de reconstruction d’habitation à Sri Lanka avec l’ONG Folk Window



Entretien avec K.T., membre fondateur de Folk Window (FW).

Center for National Operation, Presidential Secretariat, 22 Janvier 2005

Kishan et Damien s’étaient déjà rencontrés le vendredi 7 janvier au même endroit lorsque nous étions à la recherche d’un projet. Il lui avait été introduit par David Muller, un Volontaire des Nations Unies sri lankais travaillant également au CNO.
Ce rendez-vous était avant tout l’occasion pour Bénédicte de rencontrer à son tour Kishan qui sera l’un des principaux contacts avec FW pour la suite éventuelle du projet.

Lors de cet entretien nous lui avons fait part de la mobilisation et des motivations des habitants du Sud – Vendée pour venir en aide aux sinistrés du 26 décembre : il nous a confirmé que FW pouvait répondre à ces attentes et que le projet envisagé était réaliste. Il nous a notamment conforté dans l’idée que Shirley était capable de gérer le projet et qu’il aurait le temps nécessaire à y consacrer.
Nous avons également cherché à mieux cerner la structure de FW et avons réitéré notre demande des statuts et de l’acte fondateur. Kishan nous a promis de nous envoyer ces documents par email par l’intermédiaire de Shirley. Ce dernier ne pouvant se rendre à temps au CNO, nous l’avons rencontré plus tard dans la soirée au Galle Face Hôtel, Colombo.



Entretien avec Shirley Candappa, membre fondateur de Folk Window (FW).

Galle Face Hôtel, 22 Janvier 2005

L’objet de cette rencontre était principalement d’obtenir des précisions sur la base du document rédigé et envoyé par Shirley le 12 Janvier 2005 (cf. doc. en PJ).
Le nombre de maisons constructibles avec les fonds envisagés a considérablement diminué depuis la première visite à Maggona. Le prix de 800 dollars annoncé par Shirley est en effet très éloigné de celui estimé par le gouvernement (2250 $). Cela ramène le nombre de maisons de 200 à 40. Cependant, Shirley semble réservé quant à la justesse de ces estimations, mais préfère s’y référer en attendant d’avoir plus d’informations à nous communiquer.

Pour le moment aucune politique claire n’a été définie par le gouvernement pour la reconstruction d’habitations permanentes. Il semblerait que la bande des 100 mètres (au lieu de 300) soit un minimum inconstructible. Mais des arrangements seront certainement trouvés pour les infrastructures touristiques et, à partir de là, il deviendra très difficile de contrôler la réinstallation des pêcheurs dans cette zone. D’autre part, aucun terrain n’a été clairement donné par le gouvernement pour permettre de commencer la reconstruction. Les rares endroits où celle-ci a lieu sont des endroits acquis à prix déraisonnables par des ONGs internationales, souvent auprès de propriétaires membres du gouvernement. La situation semble se complexifier mais de nombreuses pressions sont à l’œuvre afin de débloquer la situation au plus vite. Shirley nous a confirmé que la construction des maisons avec FW débuterait dès l’allocation des terres. Pas avant deux mois selon lui.
Par contre, notre projet pourrait commencer bien avant, par la sélection des bénéficiaires et leur formation aux métiers du bâtiment ainsi que part l’initiation à d’autres activités économiques et la création d’une logique de coopération entre les familles regroupées par 10.
Une fois les terrains disponibles, les gens au sein de ces groupes seront prêts à travailler ensemble vers un but commun.
La suite de la discussion a principalement porté sur des questions d’éducation et la possibilité de créer des échanges entre des écoles françaises et des écoles sri lankaises. Si cela semble à Shirley une bonne idée, la mise en pratique risque d’être complexe avec les écoles publiques, du fait de la méfiance du gouvernement à l’égard de tout ce qui concerne les enfants (notamment à cause de problèmes d’adoption). Cependant, il devrait être possible d’établir une relation entre des écoles dans nos régions en France et l’école de cette communauté de pécheurs que nous souhaitons aider. Shirley doit nous communiquer également les contacts d’autres écoles avec lesquelles Folk Window avait commencé des projets dans le domaine de l’informatique.


Entretien avec Shirley Candappa, membre fondateur de Folk Window (FW), et
Father Ivan Peter, responsable de l’Eglise Catholique dans la région de Kalutara.

Compound ONU, Mardi 24 Janvier 2005

Cet entretien très rapide devait simplement nous permettre de faire la connaissance du Père Ivan Peter. Ce prêtre franciscain est réputé pour son engagement de longue date auprès des défavorisés et notamment connu à travers toute l’île pour avoir gagné un procès médiatisé contre un pédophile allemand aujourd’hui incarcéré. Il connaît bien la région de Kalutara et ses habitants pour y avoir travaillé depuis le début de son ordination. Bien que la région de Poyagala soit quasi exclusivement catholique, le père Ivan Peter s’occupe de tous les habitants sans distinction de croyance. Le père Ivan Peter est à la tête de la paroisse du district de Kalutara, elle-même divisée en multiples zones comprenant une centaine de familles, une église et un prêtre. Les prêtres de paroisse ont alors un rôle primordial dans la coordination de notre projet car ils connaissent individuellement leurs paroissiens. Le Père Ivan Peter est également bien connu de Shirley qui a en lui une grande admiration et une totale confiance. Lui et Shirley ont déjà travaillé ensemble sur la reconstruction d’un village de pêcheurs ravagé par un incendie dans la région de Negombo, 30 km au nord de Colombo il y a quelques mois.
Nous lui avons donc exposé brièvement notre projet afin d’avoir son avis. Il s’est montré très enthousiaste et rassurant quant à sa faisabilité, nous proposant comme nous l’espérions d’aider Shirley dans l’identification des bénéficiaires.





Damien H., Bénédicte C.
Colombo, le 3 février 2005