jeudi, 03 mars 2005
26 Dec 2004 à Unawatuna
Pour passer noel, au sri lankaoin de ma famille, j'avais decidé d'aller avec des amis me reposer le temps d'un petit week end sur une des plus belles plages de ce joyaux de l'ocean indien, l'une des plus touristique aussi malheureusement, UNAWATTUNA.
Nous etions 10, tous logée dans une modeste guest house, en dure, comme il en existait de milliers au sri lanka.
Le 26 decembre apres deux jours de plages et de soirées festives, nous avons soudain plongé au coeur d'un drame qui allait endeuillé se pays et boulverser le reste du monde. Avec une amie de l'allliance francaise, Bénédicte, avec qui je me trouvait ce matin la et qui a été profondement touchée, nous avons decider d'écrire cette histoire, dont je vous livre quelques lignes: certain resterons certainement sur leur faim, c'est voulu. Nous souhaiterions publier en librairie un court texte et des photos afin de continuer à collecter des dons pour la reconstruction de quelques maisons à Payagala (voir note).
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Dimanche 26 décembre 2004, Unawatuna
Il est 9h15 sur la terrasse du Shanthi Guesthouse à Unawatuna, plage située à 5 km de Galle. Bénédicte, professeur à l’Alliance Française et moi en poste au Bureau des Volontaires des Nations Unies attendons nos sandwichs depuis dix minutes pour partir randonner sur la plage, direction la secrète et sauvage « Jungle Beach ». Nous nous apprêtons à passer notre troisième journée paradisiaque entre palmier, lagon et sable fin…
Soudain un bruit sourd suivi de cris aigus nous fait sursauter d’effroi. Nous nous dirigeons alors vers la terrasse en bord de mer. Une première vague vient de tout balayer sur son passage : tables, chaises, couverts et les premiers clients, rien ne lui a résisté. Le niveau de l’eau augmente de façon inhabituelle. Le rez-de-chaussée de l’hôtel est totalement inondé. Prisonniers au premier étage dans notre chambre, nous enjambons le balcon, munis de nos passeports. Puis, nous sautons dans l’eau afin de regagner la route. Sous le choc, le personnel de l’hôtel nous somme de quitter les lieux au plus vite. Nous nous dirigeons alors vers la jungle et trouvons refuge sur une colline à plusieurs centaines de mètres du rivage.
Nous y restons plusieurs heures et décidons de partir après avoir ingurgité une tasse de thé et mangé avec appétit des pois chiches bouillis servis dans une feuille de bananier chaleureusement préparés par des locaux. Nous reprenons la route et nous nous dirigeons vers un temple bouddhiste perché sur une autre colline. Ce point de ralliement pour les touristes occidentaux et quelques familles sri lankaises sera un lieu d’échange d’informations sur la situation. Les rumeurs et la désinformation vont bon train ce qui ne fait qu’accroître l’état de panique général. L’attente au milieu de tous ces naufragés abasourdis devient vite intenable. L’inaction nous ronge et le stress menace car les alertes à la « seconde vague » se succèdent de quart d’heure en quart d’heure, relayés par quelques SMS venus d’Europe et citant même CNN ! Pour ne pas devenir fou ni paranoïaque, nous décidons d’agir à notre niveau pour tenter de soulager la détresse environnante. Ayant entendu parler d’autres lieux de refuge, nous établissons alors une liste des personnes présentes dans le temple ainsi que des amis ou proches qu’ils recherchent. Puis nous partons en quête des disparus vers les autres temples dans la jungle entourant la petite ville balnéaire. Partout, les gens y sont traumatisés.
En fin d’après midi nous arpentons la plage où la veille nous faisions encore la fête : quelques rares squelettes de restaurants défiaient encore la gravité au milieu des décombres où flottaient pêle-mêle frigo, jouets de noël et autres portefeuilles que les premiers pillards récoltaient frénétiquement. Plus un seul mètre carré de sable n’était couvert de débris. Il est difficile de rester debout, là sur une plage autrefois idyllique, lorsqu’on voit pour la première fois flotter un corps d’enfant. Nous continuons notre quête jusqu’à la nuit sans trouver de trace d’une très proche amie allemande, mais en ayant néanmoins réuni au milieu du chaos une famille de cinq personnes éparpillée par les vagues. La pleine lune de poya se lève. La nuit au temple a été très longue. Heureux ceux qui ont trouvé le sommeil au milieu des palabres, des cris, des pleurs, des raclements de gorge, des coups de tocsins et … des moustiques. Les moines se sont relayés toute la nuit pour veiller à nos moindre besoins.
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...suite et précisions à paraitre, j'espere, prochainement, au benefice du projet de reconstruction à Payagala.
13:15 Publié dans Tsunami | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note